« Ah ! quel malheur quand, dans l'extrême péril, ce sont les généraux qui se refusent à combattre ! ». Charles de Gaulle : Mémoires de guerre.
J’ai, dans un tweet, suggéré pour renforcer la sécurité et la sûreté de l’Etat, protéger les personnels et les institutions assiégés par les lobbies de l’argent, de donner plus prérogatives et de pouvoirs aux régions pour les repeupler, leur restituer leurs richesses et ressusciter les villes que Paris asphyxie par sa démesure.
Cependant, j’ai oublié que le référendum de 1969 était largement plus académique, plus contemporain, plus intelligent et plus complet. Il était comme l’appel du 18 juin en réponse à la capitulation.
Le Général de Gaulle était ce genre de personne qui réunit autour de lui tout ceux qui comptent. Il avait cette force de la parole qui fait les chefs incontestés.
Il était, comme disait André Malraux, le seul dont depuis des siècles la France ait pu dire : « Il n’est si pauvre fileuse en France qui n’eût filé pour payer sa rançon ». Il se trouvait qu’il était celui que la France a, dans des circonstances terribles, à deux reprises, choisi de la représenter et lui a soumis tous ses opposants, héritiers de la défaite.
Il l’a représenté avec Churchill, avec l’AMGOT, avec les américain, lors de la débâcle de 1958 et a redonné à son pays son destin et un recommencement et l’a mis sur les rails de l'histoire.
Pour le Sénat, par exemple, nous voyons comment il est plus un facteur de blocage, de positionnement partisan et de compromission, d’exacerbation de la crise, au lieu d’être le défenseur de la souveraineté nationale, du peuple et de la démocratie, et d'être un contrepoids stabilisateur. La réforme de 1969 devait le fusionner avec le Conseil économique et social (CES) et lui conférer un rôle consultatif...
Pour la participation des régions aux décisions collectives et locales, la réforme élargissait leurs compétences et en les dotant de la personnalité juridique. Le renforcement de leurs pouvoirs desserrerait non seulement le carcan bureaucratique, mais renforcerait la sûreté de l’Etat, les repeuplerait, redonnerait de l'éclat à ses villes, répartirait la population d'une manière homogène sur le territoire, leur restituerait leurs richesses et contrecarrerait la mainmise des lobbies de l'argent et des intérêts partisans.
Et je passe sur la participation dans les entreprises, qui comme les révolutions agricoles, devait transformer la société d’une manière consciente. Je passe aussi, entre autres, sur la rénovation de l’université qui avait pour but de lutter contre le carriérisme benêt des universitaires, illustré par le paradoxe de Buridan, et de libérer les sciences des tutelles politiques, culturelles et économiques...
Le président Charles de Gaulle a dit ce qu’il avait à dire et est parti en sachant que la France, même en son absence, lui donnera raison.
Il était en quelque sorte son oracle. Elle choisirait une autre voie, qu’elle serait qu’une nation perdue.
On a voulu que Monsieur le président Emmanuel Macron soit, comme l’a été Monsieur le président Albert Lebrun- qui au moins avait l’excuse de « qu’il fût un chef ; qu’il y eût un État. » (Charles de Gaulle : Mémoires de guerre vol. III)-, le symbole de la chute de la cinquième république, mais on n’a fait que mettre en évidence, la solidité de ses institutions, que montrer que le problème était plutôt dans la faiblesse de son personnel et dans le projet sociétal -qui n’est ni humain, ni humaniste, mais est franchement athée et barbare-, auquel elle se voue, pour lequel elle renie ses mandats, renie son souverain, le peuple.
L’Etat français, contrairement à l’époque du dernier président de la III république, est encore debout parce que son peuple lutte et ne désarme pas.
Références
- Réf.1 : Cité par André Malraux, Les chênes qu’on abat…, Gallimard 2021, page 29 : « Je ne l’ai jamais vu si content (Charles de Gaulle) que lorsque j’ai répondu, à je ne sais quel idiot qui hurlait que nous étions le capitalisme : ‘Vous êtes allé au Vél’d’Hiv ? Oui ? Ce n’est pas le capitalisme, c’est le métro !
- Réf.2 : Bir-Hakeim station de la ligne 6 du métro de Paris. Sa dénomination initiale était Grenelle, étant implantée boulevard Grenelle. La station change de nom au profit de Bir-Hakeim, lorsque le pont de Passy est rebaptisé pont de Bir-Hakeim pour commémorer la bataille de Bir Hakeim, du 27 mai au 11 juin 1942, la station est située à côté du Vél d’hiv, lieu de la rafle du Vél'd'Hiv, qui a eu lieu les 16 et 17 juillet 1942. Ce stade fut détruit en 1959.
- Réf.3 : Monument en commémoration du discours historique du Président de la République française Jacques Chirac en date du 16 juillet 1995, 53 ans après la rafle du Vélodrome d'Hiver, érigé dans le Jardin mémorial des enfants du Vél' d'hiv', situé à l’endroit où s’élevait le Vélodrome d’Hiver.