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Lettres de mon moulin *

A. HAMDAD
25 Nov, 2025 temps de lecture: 4 min
<a href="https://www.transfair.pro/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">TRANSFAIR 2025 - lundi 24 novembre 2025 à La Maison du Barreau Paris</a>
TRANSFAIR 2025 - lundi 24 novembre 2025 à La Maison du Barreau Paris

Je ne connais pas toutes les œuvres d’Alphonse Daudet. On me dit que ses œuvres plus tardives sont d’un art plus profond. J’irai voir plus tard si je peux. Je dis cela parce que ses « Lettres de mon moulin » ne m’ont pas enchanté bien que l’agencement de ses mots bien soignés soient forts plaisants. Ses conseils à son ami Gringoire m’ont laissé perplexe. L’Arlésienne , adaptée au théâtre, avec pour musique de scène signée par Bizet , m’a révulsé.

Sa première lettre, racontant Maître Cornille et son moulin à vent et à farine, que je trouve comme un clin d’œil prometteur qui donne rendez-vous à plus tard, m’est revenue hier. Hier, lundi 24 novembre 2025, j’ai été l’hôte de Transfair, le rendez-vous de la « reprise et transmission d’entreprise », organisé à Paris à l’hôtel de Harlay,  un monument du XVIIe siècle inscrit aux monuments historiques, dont la rénovation a été inauguré en 1996 par Le Président de la République Jacques Chirac.

Au cours d’un des ateliers auquel j’ai participé, qui traitait la transmission d'entreprise, j'ai repensé à l'histoire de maître Cornille et son moulin à vent et à farine que les nouvelles minoteries à vapeur vouaient à la disparition.
Maître Cornille ne croyait pas en la minoterie. Il ne croyait pas non plus que la minoterie à vapeur puisse remplacer son moulin à vent. Sa conviction et son combat ont fini par payer. Les villageois le sollicitèrent de nouveau pour moudre leur blé dans son moulin à vent.

 Le moulin Saint-Pierre à Fontvieille (Bouches-du-Rhône, France)
Le moulin Saint-Pierre à Fontvieille (Bouches-du-Rhône, France). Georges Seguin (Okki), CC BY-SA 3.0 - via Wikimedia Commons

Une entreprise, étant une personne morale au sens large, a une durée de vie plus longue que les personnels qui la ménagent (propriétaires et travailleurs). La vie de l’entreprise ne s’arrête pas avec la fin du temps du ménage des propriétaires ou la fin de leur vie.
L’entreprise continue. Elle doit trouver preneur, celui qui l’a fera vivre et en retour elle le ferait vivre et lui donnerait un sens.
Les repreneurs, qu’ils soient proches, ou lointains, doivent partager cet amour pour cette entité qui le rend bien.
L’entreprise transmise est comme un héritage, avec ses dettes et ses créances. Cet héritage est toujours positif, même quand il paraît parfois déficitaire. Le déficit n’est qu’un signe d’un bénéfice à venir, qui parfois est immense.
Elle est enfin et surtout une culture qui requiert du labeur et du soin pour en tirer fruits.

Maître Cornille y a cru. Il a ressuscité par sa foi son moulin. Ce n’est pas la minoterie à vapeur qui a tué le moulin à vent et à farine.
Le moulin à vent et à farine et son maître Cornille offraient un service différent de celui offert par la minoterie à vapeur. Avec ce service, il y avait l’âme de maître Cornille et le sein de son moulin. Les villageois ne sont pas revenus seulement pour le moulin à vent. Ils sont revenu pour ce couple uni dans l’amour le maître et son outil.
Le moulin aurait pu continuer s’il avait trouvé un autre partenaire.
Malheureusement, ni la petite fille Vivette et son époux ni un autre repreneur n’ont pris la suite de Maître Cornille.
Le moulin mort a été vendu à un poète qui nous a écrit cette histoire telle que relatée par Francet, le joueur de fifre.
Le moulin aurait pu vivre encore si des repreneurs de la génération de Vivette et son époux avaient eu l’information de la demande du moulin, celle de vouloir un autre partenaire pour encore vivre, car la vie est belle.
L’histoire ne nous dit pas comment le poète a eu vent de cette offre de cession !

Références

Auteur:  A. HAMDAD

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